Léonard

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3 mai 2026

Vietnam, 6000km plus tard

Ha Giang Loop, Vietnam.

Travel

Traversée en moto.

Pendant dix semaines, j’ai traversé le Vietnam et le Cambodge à moto. Plus de 6 000 kilomètres parcourus entre montagnes du nord, routes côtières, villages perdus, grandes villes saturées et pistes poussiéreuses autour du Tonlé Sap.

Le voyage commence à Hanoï, où j’achète une moto avant de partir vers les montagnes du nord. Pendant plusieurs semaines, j’enchaîne les cols, les villages reculés, les routes noyées dans le brouillard et les paysages vertigineux. Puis je redescends progressivement vers Da Nang, où je m’accorde une courte pause pour retrouver une forme de stabilité : reprendre le sport, mieux manger, retravailler un peu, remettre de l’ordre dans mon quotidien.

Mais très vite, je repars. Direction le sud, puis la frontière cambodgienne. Mon partenaire d’aventure Clément me rejoint à Phnom Penh pour traverser le Cambodge avec moi. Au programme : le tour du lac Tonlé Sap, Battambang, Siem Reap, les temples d’Angkor, Kampong Cham… avant de revenir au Vietnam jusqu’à Ho Chi Minh City, où je finirai par revendre la moto avec laquelle j’aurai traversé deux pays.

Rouler jusqu’à l’épuisement.

Derrière l’aventure, il y avait aussi une réalité beaucoup plus brutale. Voyager dans ces conditions pendant plus de deux mois demande une énergie mentale énorme. Chaque journée devient une suite ininterrompue de micro-décisions : trouver où dormir, où manger, gérer la météo, les problèmes mécaniques, négocier, anticiper les trajets, supporter la chaleur, le bruit, la fatigue.

Au fil des semaines, je sens mon énergie diminuer. Je perds du poids, le sport devient plus difficile, je me sens faible, parfois sujet à des vertiges. Le sommeil ne récupère plus vraiment. Et même si la solitude ne m’a jamais réellement pesé, elle reste une réalité physique : être seul à gérer chaque problème, chaque choix, chaque imprévu, du matin au soir, finit par épuiser.

À force d’avancer sans vraiment récupérer, mon système nerveux finit par saturer. La fin du voyage est particulièrement éprouvante. J’arrive à Ho Chi Minh complètement vidé, physiquement et mentalement. Pour la première fois depuis longtemps, je touche réellement mes limites. Pas seulement dans le voyage, mais dans ma manière d’enchaîner, de pousser, de vouloir tout voir, sans suffisamment ralentir.

Ce que la route m’a appris.

Avec le recul, je crois que ce voyage restera longtemps comme l’expérience la plus intense de ma vie. Pas uniquement pour les paysages ou les kilomètres parcourus, mais pour tout ce qu’il m’a appris sur l’endurance, l’adaptation et l’équilibre.

Traverser deux pays à moto pendant plus de deux mois, c’est accepter une forme d’inconfort permanent. Mais c’est aussi découvrir une liberté rare. Celle d’avancer chaque jour sans vraiment savoir ce qui t’attend après le prochain virage.

Je repars surtout avec une compréhension beaucoup plus claire de mes propres limites. Voyager longtemps ne consiste pas seulement à tenir physiquement. Il faut aussi apprendre à protéger son énergie mentale, ralentir quand il le faut, accepter de ne pas tout optimiser.

Ce voyage m’a profondément marqué. Et je crois que je suis encore en train de le digérer.

Traversée en moto.

Pendant dix semaines, j’ai traversé le Vietnam et le Cambodge à moto. Plus de 6 000 kilomètres parcourus entre montagnes du nord, routes côtières, villages perdus, grandes villes saturées et pistes poussiéreuses autour du Tonlé Sap.

Le voyage commence à Hanoï, où j’achète une moto avant de partir vers les montagnes du nord. Pendant plusieurs semaines, j’enchaîne les cols, les villages reculés, les routes noyées dans le brouillard et les paysages vertigineux. Puis je redescends progressivement vers Da Nang, où je m’accorde une courte pause pour retrouver une forme de stabilité : reprendre le sport, mieux manger, retravailler un peu, remettre de l’ordre dans mon quotidien.

Mais très vite, je repars. Direction le sud, puis la frontière cambodgienne. Mon partenaire d’aventure Clément me rejoint à Phnom Penh pour traverser le Cambodge avec moi. Au programme : le tour du lac Tonlé Sap, Battambang, Siem Reap, les temples d’Angkor, Kampong Cham… avant de revenir au Vietnam jusqu’à Ho Chi Minh City, où je finirai par revendre la moto avec laquelle j’aurai traversé deux pays.

Rouler jusqu’à l’épuisement.

Derrière l’aventure, il y avait aussi une réalité beaucoup plus brutale. Voyager dans ces conditions pendant plus de deux mois demande une énergie mentale énorme. Chaque journée devient une suite ininterrompue de micro-décisions : trouver où dormir, où manger, gérer la météo, les problèmes mécaniques, négocier, anticiper les trajets, supporter la chaleur, le bruit, la fatigue.

Au fil des semaines, je sens mon énergie diminuer. Je perds du poids, le sport devient plus difficile, je me sens faible, parfois sujet à des vertiges. Le sommeil ne récupère plus vraiment. Et même si la solitude ne m’a jamais réellement pesé, elle reste une réalité physique : être seul à gérer chaque problème, chaque choix, chaque imprévu, du matin au soir, finit par épuiser.

À force d’avancer sans vraiment récupérer, mon système nerveux finit par saturer. La fin du voyage est particulièrement éprouvante. J’arrive à Ho Chi Minh complètement vidé, physiquement et mentalement. Pour la première fois depuis longtemps, je touche réellement mes limites. Pas seulement dans le voyage, mais dans ma manière d’enchaîner, de pousser, de vouloir tout voir, sans suffisamment ralentir.

Ce que la route m’a appris.

Avec le recul, je crois que ce voyage restera longtemps comme l’expérience la plus intense de ma vie. Pas uniquement pour les paysages ou les kilomètres parcourus, mais pour tout ce qu’il m’a appris sur l’endurance, l’adaptation et l’équilibre.

Traverser deux pays à moto pendant plus de deux mois, c’est accepter une forme d’inconfort permanent. Mais c’est aussi découvrir une liberté rare. Celle d’avancer chaque jour sans vraiment savoir ce qui t’attend après le prochain virage.

Je repars surtout avec une compréhension beaucoup plus claire de mes propres limites. Voyager longtemps ne consiste pas seulement à tenir physiquement. Il faut aussi apprendre à protéger son énergie mentale, ralentir quand il le faut, accepter de ne pas tout optimiser.

Ce voyage m’a profondément marqué. Et je crois que je suis encore en train de le digérer.